Certaines personnes sont parfois gênées de communiquer car elles ont le sentiment de faire quelque chose de mal, de manipuler leur audience. C’est peut-être d’ailleurs ton cas ?
Alors, communiquer est-ce vraiment manipuler ?
Le premier élément de réponse que j’apporterais est inspiré de la citation de Paul Watzlawick qui dit :
« On ne peut pas ne pas communiquer ».
Pour ce psychologue et sociologue américain, membre fondateur de l’école de Palo alto, tout est communication. Y compris le silence, y compris l’immobilité.
Tout est potentiellement vecteur de message. Ce que l’on dit, comment on le dit, ce que l’on ne dit pas, ce que l’on fait, comment on le fait, ce que l’on ne fait pas…
Le simple fait d’être est vecteur d’un message.
Alors sommes-nous constamment en train de manipuler ?
Si l’on regarde la définition dans le dictionnaire, le Larousse nous dit que manipuler c’est : l’action d’orienter la conduite de quelqu’un, d’un groupe dans le sens que l’on désire et sans qu’ils s’en rendent compte.
Il y a donc la notion de « désirer manipuler », donc l’objectif d’orienter les actions, les pensées de quelqu’un.
C’est, selon moi, le premier point important.
Je pense qu’il est important de reconnaître notre désir de faire faire quelque chose à notre audience, que ce soit faire penser, faire aimer, faire prendre contact, faire acheter…
Ce qui change toutefois est l’intention profonde qui se cache derrière ce désir.
Est-ce un désir qui part d’un profond respect et d’un amour pour l’autre ?
Ou est-ce un désir qui part d’un intérêt purement personnel quel qu’en soit le coût pour l’autre ?
Ce qui m’amène au deuxième point qui est la considération envers notre audience.
Historiquement, la pratique de la communication actuelle découle des débuts de la propagande.
Pour le comprendre, je vous conseille le documentaire « The century of the Self » d’Adam Curtis qui explique la naissance de la pratique des Relation Publiques, qui s’est déclinée au fil des années en plusieurs branches : le lobbying, la publicité, les relations presse…
Dans ce documentaire, on comprend que la personne identifiée comme étant le père de la propagande n’est autre que le neveu de Freud, Edward Bernays. À ce titre, il s’est largement basé sur les travaux de son oncle sur le fonctionnement de la psyché humaine pour mettre au point des techniques de manipulation des masses.
Au début, la communication était associée à la propagande. Il s’agissait de faire faire des choses aux personnes, parfois à leur détriment, sans qu’elles ne s’en rendent compte.
Et surtout à travers une méthode qui ne prend pas en compte leur libre arbitre ni leur capacité à savoir ce qui est bon pour elles.
Résultat ? Malheureusement, on est loin de la relation gagnant-gagnant…
Alors, pour conclure on peut dire que oui, communiquer c’est manipuler.
Est-ce condamnable ?
Tout dépend de l’intention derrière notre démarche, de la manière dont nous considérons notre audience et de si notre démarche est cachée à notre audience ou non.
Ceci est mon point de vue et ce qui a toujours guidé mes actions.
Personnellement, j’ai fait le choix de pratiquer la communication avec éthique, avec considération et dans le respect des autres que ce soit pour ma propre audience ou celle de mes clients.
